mardi 9 décembre 2025

Les polluants non éliminables de l'eau du robinet

J’ai lu que l’eau du robinet était aujourd’hui polluée par des substances impossibles à éliminer comme, par exemple, les PFAS et les œstrogènes. Deux questions se posent : Cette pollution est-elle impossible à éliminer parce qu’on ne sait le faire techniquement, où ne veut-on l’éliminer car ce serait trop coûteux ? Ensuite, existe-t-il dans l’eau du robinet d’autres composés toxiques d’origine humaine non éliminables pour les mêmes raisons ?

Grok : Pollution de l'eau du robinet par les PFAS et les œstrogènes : analyse des raisons d'élimination

Votre question porte sur des polluants persistants dans l'eau potable, comme les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées, souvent appelées "polluants éternels") et les œstrogènes (résidus hormonaux, principalement d'origine pharmaceutique). Ces composés sont effectivement détectés dans l'eau du robinet en France et en Europe, à des concentrations variables mais souvent infimes. Ils ne sont pas systématiquement éliminés lors du traitement de l'eau, mais ce n'est pas dû à une impossibilité technique absolue. Les raisons tiennent principalement aux coûts élevés d'implémentation à grande échelle, combinés à une réglementation encore en évolution. Je m'appuie sur des données récentes (jusqu'en 2025) pour détailler cela.

1. Raisons de la non-élimination : technique ou coût ?

Globalement, les technologies existent pour filtrer ces polluants, mais leur déploiement massif est freiné par les investissements nécessaires (upgrades des stations d'épuration, monitoring continu). En France, l'eau du robinet est traitée via des étapes classiques (décantation, filtration, chloration), efficaces contre les bactéries et certains contaminants, mais insuffisantes pour ces molécules persistantes sans traitements avancés. La directive européenne sur l'eau potable (2020, transposée en France) fixe des limites pour certains PFAS, mais pas pour tous, et les coûts pèsent sur les collectivités.

  • Pour les PFAS :

    • Contexte de pollution : Ces composés synthétiques (utilisés dans les revêtements antiadhésifs, textiles imperméables, etc.) sont persistants dans l'environnement et s'accumulent dans les eaux souterraines et de surface. En France, des enquêtes comme celle de l'ANSES (2024-2025) montrent une contamination généralisée, y compris pour le TFA (un PFAS court, non réglementé à ce jour), présent dans presque toutes les eaux potables européennes.

      20minutes.fr +1

    • Élimination technique : Possible via des méthodes avancées comme l'adsorption sur charbon actif granulaire (GAC), l'osmose inverse, la nanofiltration, ou l'échange d'ions. Ces technologies éliminent jusqu'à 99 % des PFAS, et des solutions domestiques (osmoseurs) existent aussi.

      adoucisseur-eau.com

      En Europe, des pilotes (ex. : Veolia en France) montrent leur efficacité.

      veolia.fr

    • Raison principale : coût : Le déploiement à l'échelle européenne coûterait 238 milliards € par an (estimation 2024), ou 4,75 à 100 milliards € selon des enquêtes journalistiques de 2025, avec un impact de 480 € par foyer/an si non financé par les pollueurs industriels.

      lemonde.fr +3

      Les firmes responsables (ex. : 3M, DuPont) ne contribuent pas suffisamment, laissant les collectivités payer. En France, la réglementation (limite de 100 ng/L pour 20 PFAS depuis 2023) est appliquée progressivement, mais les coûts d'upgrade des stations freinent l'action totale.

      strategie-plan.gouv.fr +1

  • Pour les œstrogènes :

    • Contexte de pollution : Ces hormones (principalement éthinylestradiol de pilules contraceptives) proviennent des excrétions humaines et animales, non totalement dégradées par les stations d'épuration (STEP). Elles agissent comme perturbateurs endocriniens à faible dose, avec des impacts sur la santé reproductive et l'environnement (féminisation des poissons observée).

      dumas.ccsd.cnrs.fr +2

    • Élimination technique : Faisable avec des traitements tertiaires comme l'ozonation, le charbon actif en poudre, les UV/H2O2, ou les membranes biologiques. Ces méthodes éliminent 80-99 % des résidus hormonaux, et sont testées en Europe (ex. : rapport IKSR sur le Rhin).

      conforteteau.com +1

    • Raison principale : coût : Upgrader les STEP coûte cher (jusqu'à 500 € pour un osmoseur domestique, et des milliards à l'échelle nationale).

      francebleu.fr

      En France, l'eau est potable à 97-98 % (données 2010-2024), mais les œstrogènes ne sont pas réglementés spécifiquement, car leurs concentrations sont basses (microgrammes/L) et les priorités vont aux contaminants plus urgents.

      lemonde.fr +1

      Le rejet dans l'environnement via épandage de boues amplifie le problème, mais sans obligation légale forte, les investissements stagnent.

En résumé pour cette première question : ce n'est pas impossible techniquement (les outils existent et sont déployés localement), mais principalement trop coûteux pour une généralisation, avec un manque de financement des pollueurs et une réglementation partielle.

2. Autres composés toxiques d'origine humaine non éliminables pour les mêmes raisons

Oui, l'eau du robinet peut contenir d'autres polluants persistants d'origine anthropique (agriculture, industrie, pharmacie), souvent non éliminés totalement par les traitements standards pour des raisons similaires : persistance chimique, coûts d'élimination élevés, et limites réglementaires. Ces composés sont surveillés par l'ANSES, l'OMS et l'UE, mais pas toujours filtrés à 100 %. Voici une liste non exhaustive, structurée en tableau pour clarté, basée sur des sources comme Eaufrance et l'OMS (2023-2025). Ils sont "non éliminables" dans le sens où les méthodes classiques (chloration, filtration sable) sont inefficaces, nécessitant des upgrades coûteux.


Composé / Famille

Origine principale

Toxicité effective

Raisons de non-élimination (technique/coût)

Présence en eau du robinet (ex. France/Europe)

Nitrates et phosphates

Engrais agricoles, eaux usées

Eutrophisation des eaux, risques pour bébés (méthémoglobinémie)

Éliminables par dénitrification ou osmose, mais coûteux à l'échelle (milliards € pour upgrades agricoles/STEP) ; réglementation UE limite à 50 mg/L nitrates, mais dépassements fréquents.

Oui, 15 % des réseaux non conformes en France (2025).

20minutes.fr +3

Métaux lourds (plomb, arsenic, mercure)

Tuyauteries anciennes, industries minières, pollution historique

Neurotoxiques, cancérigènes ; arsenic : risque élevé en eau souterraine.

Éliminables par coagulation/floculation ou membranes, mais coûts d'inspection/rénovation des réseaux (ex. : plomb dans vieux tuyaux) ; pas impossible, mais lent.

Oui, arsenic/fluorure/nitrate parmi les risques chimiques majeurs (OMS 2023).

eaufrance.fr +3

Pesticides (ex. : DDT, chlordane, atrazine)

Agriculture, interdits mais persistants

Perturbateurs endocriniens, cancérigènes ; résidus dans sols/eaux.

Éliminables par charbon actif ou ozonation, mais coûts élevés pour monitoring et traitement ; persistance environnementale (demi-vie >10 ans).

Oui, campagne nationale en France détecte des résidus ; IGAS alerte sur risques EDCH (2024).

chm.pops.int +3

Microplastiques

Déchets plastiques, cosmétiques, textiles

Ingestion chronique, vecteurs de toxines ; impacts sur santé intestinale.

Filtration fine possible (membranes <1 μm), mais pas standard ; coûts d'implémentation massifs, recherche en cours.

Oui, détectés dans 80 % des échantillons mondiaux d'eau potable.

global-coolers.com +1

Résidus pharmaceutiques (autres que œstrogènes, ex. : antibiotiques, antidépresseurs)

Médicaments humains/vétérinaires excrétés

Résistance antibiotique, perturbations hormonales.

Similaire aux œstrogènes : ozonation/UV efficaces, mais coûts d'upgrade STEP ; non réglementés spécifiquement.

Oui, traces dans rivières et eau traitée ; non dégradés à 100 % par STEP.

cieau.com +1

Dioxines, furanes, BPC (hydrocarbures halogénés)

Incinération, industries chimiques historiques

Cancérigènes, persistants (POPs sous Stockholm Convention).

Adsorption ou destruction thermique possible, mais coûteux ; interdits mais résidus legacy.

Oui, traces dans eaux contaminées ; persistance >20 ans.

chm.pops.int +1

Ces polluants partagent les mêmes défis : ils sont persistants (ne se dégradent pas facilement), et leur élimination requiert des investissements substantiels (estimés à des milliards €/an en Europe pour l'ensemble). Des solutions domestiques (filtres, osmoseurs) existent pour réduire l'exposition, mais à l'échelle collective, c'est une question de priorités budgétaires et de responsabilité des pollueurs.



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