dimanche 1 décembre 2019

Chaos définitionnel


La montée en puissance de la propagande d’État dans ses médias a quelque chose d’ahurissant. Ce qui ne l’est pas moins, c’est la façon dont celle-ci passe à peu près inaperçue pour la plupart des gens. Si on s’en tient aux journaux de France Inter, il est facile de voir que les thématiques martelées matin et soir n’existaient pratiquement pas il y a 30 ans, et qu’elles restaient encore rares il y a seulement dix ans. S’agissant de thématiques « de gauche », on peut dater la montée en puissance de tout ce formatage bien pensant au début du mandat Hollande. La situation est la même pour les journaux télévisés et les articles de toute la presse écrite main stream. La thématique libérale est en revanche beaucoup plus ancienne. Après guerre, elle se partageait les médias avec l’idéologie socialo-communiste.

250 ans en arrière, la France était très majoritairement catholique et royaliste. Mais elle ne l’est plus. La religion franc-maçonne a pris la place du christianisme et la République franc-maçonne celle de la royauté.

La politique ‘avant’

Jusqu’au milieu du XXème siècle, les idées politiques ont constitué un continuum où chacun pouvait trouver sa place sans anathème entre une extrême gauche communiste ou anarchiste et une une extrême droite fasciste ou royaliste, le pouvoir oscillant entre centre gauche et centre droit. Ce pouvoir est toujours resté républicain, donc franc maçon et libéral. On sait depuis Michéa que le mot ‘libéral’ recouvre deux acceptions complémentaires, l’une sociale, l’autre économique. Gauche et droite parlementaires sont donc construites sur le même socle libéral. Après la guerre, un fort courant atlantiste a intégré ce socle. Puis avec la construction européenne et le développement d’entités internationales géantes (corporations, ONG), s’y est adjoint un courant mondialiste. Celui-ci était déjà présent dans l’idéologie franc maçonne (Cf. A. Cloots et sa République Universelle). Le courant sioniste s’est invité plus tardivement (après 1967) dans ce pot commun.

Côté gauche, une composante révolutionnaire socialiste est née un peu avant 1848. Elle a été animée en permanence d’un mouvement de création radicale sur sa gauche poussant ses franges réformistes vers la droite, les anciens partis radicaux se droitisant avec le temps. En fait, ce mouvement ne se réclame pas de la gauche avant l’affaire Dreyfus (1894-1906). La composante communiste, très puissante, est ensuite portée par ses liens serrés avec l’URSS et meurt avec elle.  La quasi disparition de la classe ouvrière française l'avait déjà bien affaiblie. Bien qu’internationaliste, le communisme n’est pas franc-maçon. Le rôle des autres composantes de la gauche révolutionnaire est plus ambigu  : le trotskisme s'est lui-même pris les pieds dans le tapis du néo-conservatisme.

Côté droit, le royalisme divisé au départ entre légitimistes et orléanisme n’a cessé de s’affaiblir, Maurras consistant en sa dernière étincelle. Deuxième composante de la tradition, l’Église Catholique prend un coup sévère en 1789. Affaiblie, elle s’en remet, mais en prend un nouveau coup en 1905. Son ennemi franc maçon a presque gagné. Le coup mortel arrive de l’intérieur en 1962 avec Vatican II. Le compromis avec la modernité et le libéralisme n’a servi à rien. Le déclin de l’Église d'occident est irréversible.
La droite désormais largement déchristianisée se retrouve sur quelques axes privilégiés : nationalisme, militarisme, corporatisme (poujadisme), antisémitisme, racialisme, moralisme, anticommunisme … et libéralisme, atlantisme mais ce ne sont pas des thèmes de droite car le libéralisme est frère du Progrès.

En résumé. Avant 1980, on  trouve donc
 
(a) Une extrême gauche communiste traditionnelle illibérale plus ou moins attachée au corpus laïc maçonnique (il y a eu une époque où il n’était pas permis à un communiste d’être franc maçon).
 
(b) Une extrême gauche non communiste, anarcho-trosko-mao-libertaire née des journées de mai 68 et préparant la suite. En étaient-ils conscients ? Cohn Bendit en est le meilleur représentant.
 
(c) Une gauche socialo-libérale, atlantiste, mondialiste, européiste, sioniste, laïque, franc-maçonne avide du pouvoir à tout prix (Mitterrand et sa suite).
 
(d) Des [néo-]gaullistes s’affichant au centre droit en oubliant le souverainisme qui faisait leur originalité avec le reste.
 
(e) Un centre naturellement libéral-maçonnique hissé au niveau zéro de la réflexion politique.
 
(f) Une droite national-libérale, atlantiste, mondialiste, européiste, sioniste, laïque, également franc-maçonne
 
(g) Une extrême droite nationaliste (dans son discours), corporatiste, volontiers raciste, antisémite et sioniste (ça n’empêche), anti-maçonnique, parfois catholique, parsemée de nostalgiques de la collaboration nazie, d’anciens de l’Algérie française, de militants perdus du royalisme ainsi que d’authentiques fascistes et les gros bras qui vont avec.

Il y en avait donc pour tous les goûts. On ne mettait pas encore des gens en prison pour leurs idées, encore que … (loi Pleyven, 1975).

Le nouveau champ politique

Entre 1980 et 2020, tout ce système gauche-droite se délite peu à peu.

(a’) L’extrême gauche communiste ancrée sur les luttes sociales disparaît avec le PC. Le peu qu’il en reste sombre dans l’imposture.
 
(b’) L’extrême gauche non communiste mute (sans surprise) sur des valeurs mondialistes sociétales  (j’y reviendrai)
 
(c’) Une grosse partie de la gauche ‘modérée’ (PS) et de la droite (LR) fusionnent dans la marmite macronienne (LREM) se retrouvant en plein accord avec les valeurs du socle libéral/atlantiste/mondialiste et du corpus franc-maçon pour pressurer le peuple au nom de l’UE
 
(d’) La gauche parlementaire résiduelle (LFI), écartelée se délite et se rapproche de la nouvelle extrême gauche sociétale
 
(e’) La droite résiduelle rejoint le RN avec une partie de l’extrême droite. C’est un ventre mou opportuniste dont les valeurs de droite se résument à l’opposition à l’immigration et à celle contre le corpus sociétal de la nouvelle extrême gauche (Manif pour tous). En fait, le RN est un outil du système pour faire en sorte que rien ne change.
 
(f’) Une zone qualifiée d’ultra droite (pour la distinguer de l’extrême droite) où l’on y met tout ce qu’on veut rejeter et interdire. Une poubelle rouge-brune en quelque sorte. Comme ‘ultra-droite’ ne prend pas, on dit quand même ‘extrême droite’. C'est un creuset de réflexion politique mal pensante, voir nauséabonde ... celle qui mène aux 'heures les plus sombres'. Autant dire que tout est fait pour que personne n'aille y jeter un œil de près. Mais à trop interdire, on suscite la curiosité.

Les nouveautés

(a’’) Grande nouveauté, le corpus déconstructiviste (féministe, LGBTiste, anti-raciste pour faire court). Peaufiné dans les années 60-70 aux USA, souvent basé sur les idées de philosophes français (french theory : Sartre, Foucault, Deleuze, Derrida, Lacan, Barthes, Althusser) et sur un freudo-marxisme original (école de Francfort : Adorno, Habermas, ...)  il nous arrive avec retard. L’ONU en fait sa doctrine officielle en promouvant les droits des minorités. Le milliardaire George Soros met son immense fortune au service de cette cause ravivant dans la foulée les théories de Karl Popper sur la société ouverte. L’UE puissance tutélaire de notre nation depuis le traité de Lisbonne relaye et impose autoritairement l’application de ces nouveau droits dans notre législation.
Tout ça ne suffirait pas à imposer de telles idées  aux peuples européens, aussi les médias se chargent-ils unanimement de la propagande et la nouvelle extrême gauche débarrassée de toute préoccupation sociale au profit des indigènes les plus modestes se charge de ce combat ‘sociétal’ par la violence s’il le faut. Voilà la mutation (b’) que j'esquissais. Cette nouvelle gauche est bien devenue un agent du système au niveau national comme au niveau global. Le sait-elle ?

(b’’) La monté en puissance du lobby juif sioniste : CRIF, LICRA, UEJF, etc. Le mot ‘sioniste’ implique un lien fort avec le Likoud israélien donc avec un État étranger ce qui n’est guère normal sur le principe. Cette puissance s’illustre dans les domaines politique, médiatique et culturel ; il est facile de le constater dans les faits divers quotidiens. Ce lobby influence tous les partis sauf de petits groupes marginaux d’extrême droite ou d’extrême gauche de ce fait voués aux gémonies. On lui doit l’instauration de la mémoire de la Shoah comme religion d’État et l’usage d’anathèmes dévastateurs désignés par les simples mots comme ‘antisémite’, ‘négationniste’ et ‘révisionniste’ pouvant conduire les auteurs visés en prison grâce au vote de lois ad hoc.

(c’’) L’écologie. La lutte contre le réchauffement climatique anthropique est également une nouveauté dont la forme agressive date de moins de dix ans. Ses postulats sont défendus par les mêmes que (a’’). Son déni officiel ne vaut pas encore la prison mais peut valoir une perte d’emploi dans certains contextes.

(d’’) L’Europe. L’européisme, vieux projet idéologique, existe presque depuis la guerre (Congrès de la Haye, 1948). Le gaullisme et l’ancienne gauche l’ont combattu. La nouveauté, ce sont les traités de Maastricht et de Lisbonne qui lui donnent un caractère dictatorial. On ne peut pas sortir des traités sans une révolution violente.

(e’’) En 1960, on pouvait publiquement soutenir l’URSS. En 2020 on ne peut plus soutenir publiquement la Russie, l’Iran, Cuba, la Syrie, la Corée du Nord et le Venezuela c’est à dire les ennemis de l’Amérique. Tous les médias s'accordent sur cette ligne. En outre il est interdit de faire du commerce avec ces pays sous embargo américain.

(f’’) La liberté d’opinion est limitée depuis une trentaine d’années par des lois répressives. Les dernières votées sont basées sur des principes aussi flous que les ‘fake news’ (fausses nouvelles) ou la ‘haine’ en ligne. Indépendamment, les opinions dérangeantes sont taxées de ‘complotistes’ ou ‘conspirationnistes’, méthode inventée par la CIA pour délégitimer les commentaires critiques autour de l’assassinat de JFK.[Ref.: L. deHaven-Smith, 2013, chapitre 1].

Cet arsenal répressif est utilisé par la nouvelle extrême gauche (b’) pour définir un périmètre bien pensant. Qui ne s’y plie pas sera publiquement dénoncé et éventuellement agressé physiquement par des groupes ‘antifas’ utilisant pour cela les bonnes vieilles méthodes des SA nazis selon le principe révolutionnaire ‘pas de liberté pour les ennemis de la liberté’. Les paroles des opposants connus sont ainsi surveillées de façon à traquer la moindre transgression de langage.
Les idées et les personnes surprises hors du périmètre bien pensant sont regroupées dans une zone (f’) notée ‘extrême droite’. On peut parfaitement avoir été responsable d'un parti d’extrême gauche et s’y retrouver (par exemple Georges Marchais pour son discours public surl’immigration). En fait, tout l’ancien mouvement communiste et une bonne partie de l’Église s’y trouve relégués. Ceci n'empêche pas une partie de cette même Église - fidèles et hiérarchie - , ainsi que le haut état-major de l'armée (jadis aristocratique et support de la tradition) d'avoir subit une contamination libérale irréversible. Le retour du balancier ne se fera pas avant que l'échec du présent système soit patent aux yeux de tous et que la classe moyenne supérieure soit touchée.

Petite note sur la Franc Maçonnerie.

Deux maçonneries se succèdent : l’une, la plus ancienne, composée de gens de métiers, de constructeurs et que nous appellerons corporative ; l’autre qui la remplaça composée d’amateurs de philosophie et de sciences que nous appellerons spéculative (G. Bord, 1908). Le mouvement franc maçon prend pied dans toute l’Europe dès la fin du XVIIème siècle. Il est politiquement très actif dans le monde anglo-saxon, mais également en France, en Italie (Haute Vente, Carbonari), en Bavière (Illuminés) puis migre dans le Nouveau-Monde. On trouve des maçons dans toutes les classes instruites : petits et grands bourgeois, aristocrates parfois proches du pouvoir. Ce mouvement n’est pas athée mais déiste et anticatholique. Son rapport au judaïsme est complexe. Au départ, les juifs n’y sont pas admis, mais des éléments kabbalistiques s’insèrent rapidement dans son idéologie et dans ses rites.

La Révolution française fut franc-maçonne. Tous ses acteur en furent. La République, son laïcisme, sa déclaration universelles des droits de l’homme viennent tout droit des Loges (et des Lumières, mais les Lumières sont maçonniques).



D'autres miscellanées.

La propagande déconstructiviste vient de loin. Voyez ce document de l'ONU/UNESCO : Principes directeurs internationaux sur l'éducation sexuelle: une approche factuelle. Le texte intégral fait 164 pages. Les enfants apprendront la théorie du genre au lieu de lire, écrire et compter... ce qu'ils font déjà de plus en plus mal. Quel progrès !


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