mardi 28 avril 2020

Géopolitique : le grand jeu

Le grand jeu. Une lecture éclairée de la géopolitique. Par Christian Greiling. Héliopole edit. 2020. 292 pp.

L'ouvrage analyse de façon assez classique la lutte séculaire entre les thalassocraties – empire britannique d’abord, USA ensuite – et les puissances continentales euro-asiatiques. Cette vision remonte a Halford Mackinder (1861-1947) qui définit la notion de Heartland (le cœur). Elle est ensuite complétée par Nicholas Spykman (1893-1943) qui définit le Rimland, à savoir l’anneau de nations qui entoure le continent euro-asiatique, ou tout du moins le bordent sur 3 côtés. L’ouvrage majeur concernant cette vision politique est 'Le grand échiquier' de Zbigniew Brzeziński (1928-2017).
 Ce dernier, conseiller de Jimmy Carter est sans conteste le père de la politique de containement de l’URSS, celui qui a créé le piège afghan qui fut l’une des causes majeures de la chute de l’empire soviétique. L’idée était simple : il fallait contrôler le Rimland pour contrôler le Heartland. L’affaire a failli marcher sous Eltsine jusqu’à l’arrivée de Vladimir Poutine. Ce dernier su renverser la vapeur avec habileté et brio. L’ouvrage de Christian Greiling examine les points chauds de cette opposition qui se mue peu à peu en guerre froide 2.0 : à l’ouest, le cas ukrainien, la politique pétrolière et militaire russe, le rétablissement des relations avec la Chine, la Syrie et la consolidation de l’arc chiite Iran-Irak-Syrie.

 Une annexe rappelle avec pertinence la guerre du Péloponnèse opposant déjà une thalassocratie (Athènes) à une puissance continentale (Sparte), et la défaite de la première.
 L’ouvrage est clairement favorable à la vision russe du conflit bien qu’il utilise des termes qu’on trouve plutôt dans le discours occidental (le maître du Kremlin, l’ours russe, etc.). Le lecteur russophobe sera donc agacé s’il n’a pas un esprit très ouvert sur la question. Pour les autres, c’est une bonne synthèse mais elle n’apporte pas d’informations bien nouvelles.
 
Rédigé pour Amazon (Fin de partie pour l'atlantisme ?)

Rappels :  
Halford John Mackinder (1861-1947) expose sa thèse centrale dans un article du Geographical Journal de 1904.
Référence exacte : The Geographical Pivot of History. H.J. Mackinder. The Geographical Journal, Vol. 23, No. 4 (Apr., 1904), 421-437. Article qu’on peut trouver sur JStor (en anglais, bien sûr). 

Le travail de Nicholas Spykman peut être trouvé à cette référence.

L'interview du Saker (01/03/20) : https://lesakerfrancophone.fr/christian-greiling-le-grand-jeu

La géopolitique américaine accompagne et s'oppose tout à la fois au courant mondialiste dont Pierre Hillard nous donne la vision la plus radicale en s'appuyant sur un ouvrage clé de H.G. Wells : Le Nouvel Ordre Mondial. Vidéo  : https://youtu.be/fUlI3h__Ty4 (12m20s sur TV Liberté). Hillard oppose deux formes de mondialisme, le mondialisme global anglo-saxon, le plus brutal,  face au mondialisme 'national' euro-asiatique porté par la Russie et la Chine, plus progressif. Je ne suis pas très convaincu de l'existence de cette dernière mouture.

La parole sur Internet ne reviendra jamais à la normale (The Atlantic, 25/04/2020) : http://archive.is/23ODm  Où il se confirme que les GAFA travaillent la main dans la main avec les gouvernements et les organisations internationales comme l'OMS. Traçage, surveillance, censure, tout mène à un internet policé à la chinoise avec son contrôle social. Le Covid-19 arrive à point nommé pour renforcer cette tendance liberticide pour ne pas dire totalitaire.



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